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    Les Mariées de Marianne MarpLondon

    Cholly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon Cholly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

    Marianne MarpLondon est une artiste qui commente divers aspects de la société, ou plutôt des sociétés. Elle brouille la frontière entre la pop culture, ses images contemporaines, et les traditions, leurs codes et leurs signifiants.

    C’est dans une profusion de couleurs que sa série She Loves You, Yeah Yeah Yeah s’attaque à l’hypocrisie de nos sociétés quant aux unions amoureuses. Le mythe de l’amour romantique dans un monde consumériste, le marché globalisé du mariage, le rôle de la femme en tant qu’épouse… L’artiste ne laisse rien passer.

    Pour ce faire, Marianne MarpLondon réalise des collages numériques avec ses photographies qu’elle manipule et retouche. Elle aboutit à une composition faisant le grand écart entre la modernité du médium et des objets figurés, et le classicisme des poses.

    Bambi et Bambi, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
    Bambi et Bambi, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

    L’emploi d’une grande variété de couleurs vives, motifs et formes fait flirter les compositions de Marianne MarpLondon avec le kitsch. Le mauvais goût n’est en effet pas inconnu à la célébration du mariage dans notre société de consommation.

    Bolly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
    Bolly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

    Cette série dévoile une profonde critique de l’industrie du mariage, où la profusion d’ornements et d’effets visuels étouffent l’expression de l’amour. Marianne MarpLondon s’attaque à un rêve vendu aux masses : celui du mariage parfait. Ce dernier ne peut cependant être atteint que par les plus aisés. L’artiste illustre ainsi le piège de la capitalisation de l’amour romantique. Le romantisme devient alors un concept purement mercantile. Pire, il réduit les femmes au simple rôle d’épouses, sublimes et passives. Une prison dorée entretenue par l’industrie du cinéma, de Hollywood à Nollywood, de Bollywood à Chollywood, auxquels l’artiste fait directement référence dans le titre de ses oeuvres. Il s’agit alors pour Marianne MarpLondon de dénoncer le poids du patriarcat inhérent à l’institution du mariage, quelle que soit la société où l’on se trouve.

    “A travers mes recherches, j’ai découvert les savons de virginité féminine, les poupées Barbies nigérianes “épouses”, l’industrie des mariages de masse financée par des gouvernements asiatiques et arabes, le phénomène des co-épouses asiatiques, les femmes qui ne sont pas considérés comme pouvant être mariés car elles ne sont pas vierges ou ont dépassé l’âge limite, 30 ans.” -Marianne MarpLondon

    Venus, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
    Venus, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

    Mais Marianne MarpLondon explique que cette série est également inspirée par les rencontres entre deux personnes d’horizons différents (cultures, religions, traditions). Ces rencontres conduisent parfois à des relations amoureuses voire des unions. Mais ces métissages ne se produisent pas seulement entre deux personnes. Le mariage doit aussi avoir lieu entre le traditionnel et le contemporain. Et les codes, habitudes et rituels doivent être discutés, négociés et validés, avant d’aboutir à la création de nouvelles identités.

    Queen, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
    Queen, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

    La multiplication des unions métissées est alors l’occasion de créer de nouveaux codes. Pour Marianne MarpLondon, c’est la diversité résultant de ces unions (inter-raciales, inter-religieuses, inter-culturelles, inter-classes) qui doit aider la société et ses individus à manifester un amour éduqué. Et par “éduqué”, elle entend libéré du consumérisme et du patriarcat : ainsi la femme et l’homme peuvent s’épanouir et s’aimer dans l’égalité et le respect de l’autre.

    Elle Decor, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
    Elle Decor, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
    Nolly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
    Nolly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

    Marianne MarpLondon vit et travaille à Londres. Elle est représentée par Lahd Gallery (Londres). 

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    Site web de l’artiste
    Interview avec WBM

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