Art Cruiser https://www.artcruiser.com Thu, 01 Feb 2018 10:17:04 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.6 Les portraits surréalistes d’Aida Muluneh : un autre visage de l’Afrique https://www.artcruiser.com/portraits-aida-muluneh/ https://www.artcruiser.com/portraits-aida-muluneh/#respond Fri, 05 May 2017 07:21:49 +0000 https://www.artcruiser.com/?p=217 L’article Les portraits surréalistes d’Aida Muluneh : un autre visage de l’Afrique est apparu en premier sur Art Cruiser.

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Il est difficile de ne pas remarquer la force qui se dégage des photographies d’Aida Muluneh, ainsi que leur omniprésence dans les événements liés à l’art contemporain africain et dans la presse spécialisée. S’inscrivant dans une démarche de retour à sa terre natale, l’Ethiopie, Aida Muluneh a développé une esthétique caractérisée par des portraits surréalistes aux couleurs vives et saisissantes.

Aida Muluneh, Dinkenesh Part One, 2016
Aida Muluneh, Dinkenesh Part One, 2016. Photograph Printed on Sunset Hot Press Rag 310 GSM, 80 x 80 cm

Avec une palette de couleurs saturées, vibrantes, juxtaposées avec contraste, Aida Muluneh compose des images fortes, lumineuses et percutantes. Des images que l’artiste veut délibérément captivantes.

Aida Muluneh, All in One, 2016
Aida Muluneh, All in One, 2016. Photograph Printed on Sunset Hot Press Rag 310 GSM, 80 x 80 cm

Également directrice de la première biennale internationale de photographie en Ethiopie, l’Addis Foto Fest, Aida Muluneh souhaite détacher l’Afrique des représentations de guerres, famines et animaux sauvages. Selon l’artiste, il faut voir dans chacune de ses images une interrogation sur l’amour, la vie et l’Histoire (collective et personnelle). Aida Muluneh questionne ainsi la manière dont on vit en tant que peuple, nation et individu, mais n’offre pas de réponse pour autant : ses photographies sont d’abord le moyen d’exprimer le conscient et l’inconscient d’un lieu, d’une époque, d’une personne…

Aida Muluneh, The Departure, 2016
Aida Muluneh, The Departure, 2016. Photograph Printed on Sunset Hot Press Rag 310 GSM, 80 x 80 cm

Fictionnelles, parfois surréalistes, les photographies d’Aida Muluneh montrent la plupart du temps le corps féminin peint et enveloppé dans de larges tissus colorés, métaphore d’un passé et d’un futur qui nous tiennent captifs. Les visages peints en un ou deux tons divisés par une ligne en pointillés font directement référence à une Ethiopie fantasmée, qu’Aida Muluneh a redécouvert en s’y établissant il y a 10 ans.

Aida Muluneh, The Morning Bride, 2016
Aida Muluneh, The Morning Bride, 2016. Photograph Printed on Sunset Hot Press Rag 310 GSM, 80 x 80 cm

D’abord un emprunt à une tradition tribale éthiopienne, où la peinture sur le visage évoque la nécessité d’avancer masqué, les visages peints recèlent un autre sens. Aida Muluneh veut effacer toute préconception. Ici, la peau n’est plus porteuse d’indication sur la race ou la société. Vidés de leurs signifiants ethniques et identitaires, les visages peints sont des états neutres. Il s’agit alors de toiles où les conflits internes de l’individu peuvent s’exprimer.

Aida Muluneh, Conversation, 2016
Aida Muluneh, Conversation, 2016. Photograph Printed on Sunset Hot Press Rag 310 GSM, 80 x 80 cm
Aida Muluneh, Postcard to Asmara, 2016
Aida Muluneh, Postcard to Asmara, 2016. Photograph Printed on Sunset Hot Press Rag 310 GSM, 80 x 80 cm
Aida Muluneh, Age of Anxiety, 2016
Aida Muluneh, Age of Anxiety, 2016. Photograph Printed on Sunset Hot Press Rag 310 GSM, 80 x 80 cm
Aida Muluneh, Rules of engagement, 2016
Aida Muluneh, Rules of engagement, 2016. Photograph Printed on Sunset Hot Press Rag 310 GSM, 80 x 80 cm

Aida Muluneh est représentée par David Krut Projects (Johannesburg-Cape Town-New York).

Images courtesy of the artist and the gallery.

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Interview avec ARTnews

-> Retrouvez son travail à Paris lors de l’exposition Afriques Capitales à la Villette, du 29 Mars au 28 Mai 2017, dans le cadre du Festival 100% Afriques.

 

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Ces 5 artistes californiens qu’il faut voir à Lyon https://www.artcruiser.com/5-artistes-californiens-a-lyon/ https://www.artcruiser.com/5-artistes-californiens-a-lyon/#respond Mon, 17 Apr 2017 18:44:31 +0000 https://www.artcruiser.com/?p=208 L’article Ces 5 artistes californiens qu’il faut voir à Lyon est apparu en premier sur Art Cruiser.

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Parce que l’exposition Los Angeles : Une fiction est à l’image de la ville, dense et intense, et que les stars de l’art retiennent plus souvent l’attention, voici une petite sélection coup de coeur (donc très subjective) des artistes incontournables de la scène californienne actuelle, dont les oeuvres sont exposées au MAC Lyon en ce moment.

Lizzie Fitch & Ryan Trecartin, Plaza Point (Blue Room), 2009, MAC Lyon
Lizzie Fitch & Ryan Trecartin, Plaza Point (Blue Room), 2009, 3 vidéos HD, théâtre sculptural unique, Dimensions variables, Astrup Fearnley Collection, Oslo, source Twitter macLYON

1- Ryan Trecartin et Lizzie Fitch

Une collaboration qui dure depuis 2001 sur des vidéos hypnotiques, des sculptures chaotiques et des installations théâtrales. Ils montrent le quotidien et les histoires d’amour et d’amitié, souvent d’adolescents narcissiques, à travers le prisme des réseaux sociaux et de de la télé-réalité. C’est intense, surchargé, surjoué, bruyant et hystérique…donc très hypnotique. Mais il est indispensable de bien comprendre l’anglais pour profiter de leurs vidéos (non sous-titrées), tellement la narration et les dialogues sont riches et jouissifs.

Martine Syms, SHE MAD: Laughing Gas, 2016, MAC Lyon
Martine Syms, SHE MAD: Laughing Gas, 2016, Installation vidéo, couleur, son, Durée: 6’59, Courtesy de l’artiste et Bridget Donahue, New York

2- Martine Syms

Une artiste qui navigue entre vidéo, performance et édition. Donnant des conférences dans les universités américaines les plus prestigieuses, elle produit un travail très théorisé, s’articulant principalement autour de l’identité afro-américaine et du mouvement afrofuturiste. Au MAC Lyon, sa vidéo Laughing Gas renvoie à la représentation des femmes afro-américaines dans l’industrie du cinéma, et se lit au prisme des luttes raciales, des études du genre et des classes sociales. A la fois comique et tragique.

Michele O’Marah : « Orange Set », 2010, MAC Lyon
Michele O’Marah : « Orange Set », 2010 – technique mixte, courtesy de l'artiste, MAC Lyon

3- Michele O’Marah

Là aussi, il s’agit d’une artiste profondément engagée dans les questions liées au genre et à la représentation des identités, raciale et politiques. Résolument féministe, Michele O’Marah s’inspire dans ses installations et vidéos de la culture du divertissement et du cinéma. Derrière le glamour et l’extravagance d’Hollywood se cache une autre réalité, plus kitsch et plus “petit budget”. Très attachée aux codes narratifs de la fiction et à ses décors, l’artiste se sert de l’esthétique Do It Yourself pour interroger les clichés, les stéréotypes, et déconstruire la notion de l’Autre.

Henry Taylor, G Related, 2004, MAC Lyon
Henry Taylor, G Related, 2004 – technique mixte sur toile, courtesy de l'artiste

4- Henry Taylor

A travers des installations et peintures, Henry Taylor replace les afro-américains dans l’Histoire. Racontée par les blancs appartenant aux classes moyennes et supérieures, l’Histoire est incomplète, ou même carrément erronée. A travers l’art, l’artiste entend redonner une place à la communauté noire des Etats-Unis. Il investit notamment le portrait, un genre qui “a longtemps exclu les gens de couleur”. Un travail de réécriture important, convoquant aussi bien des images contemporaines (le hip-hop, MTV) qu’anciennes (les photographies de la Grande Dépression, l’art moderne).

Stanya Kahn, Heatstroke: Bummer, 2015, MAC Lyon
Stanya Kahn, Heatstroke: Bummer, 2015, Peinture vinylique et huile sur toile, 180 x 152 cm, Courtesy de l’artiste et Susanne Vielmetter, Los Angeles Projects

5- Stanya Kahn

Dessins, peintures, films d’animations et vidéos composent l’oeuvre de Stanya Kahn. Avec beaucoup d’humour, elle brouille la frontière entre la fiction et la réalité et surtout, elle appuie là où ça fait mal. Engagée et très sensible aux questions écologiques, elle expose au MAC Lyon une série d’oeuvres dénonçant la sécheresse et la chaleur californienne rendues encore plus intenses par la pollution. Avec un cynisme très incisif, elle choisit le serpent comme métaphore des défis climatiques et politiques. Le serpent, bien évidemment, se mord la queue…

En prime- Également présente dans l’exposition Los Angeles : Une fiction et incontournable dans l’actualité artistique, Tala Madani fera l’objet d’un prochain article !

Cet article fait suite à Los Angeles fantasmée au MAC Lyon.

-> Exposition Los Angeles : Une fiction au Musée d’Art Contemporain de Lyon, jusqu’au 9 juillet 2017

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Los Angeles fantasmée au MAC Lyon https://www.artcruiser.com/los-angeles-fantasmee-au-mac-lyon/ https://www.artcruiser.com/los-angeles-fantasmee-au-mac-lyon/#respond Mon, 17 Apr 2017 18:03:48 +0000 https://www.artcruiser.com/?p=182 L’article Los Angeles fantasmée au MAC Lyon est apparu en premier sur Art Cruiser.

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La scène artistique et littéraire de Los Angeles investit le Musée d’Art Contemporain de Lyon, jusqu’au 9 juillet 2017. Cette ville si souvent fantasmée, terre lointaine de palmiers, célébrités glamour et meurtres sanglants, nous est racontée par les six membres du comité curatorial (dont Gunnar B. Kvaran et Alex Israel). Sous leurs regards, la frontière entre le mythe et la réalité se fait décidément très mince…

John Baldessari Yeah I know…, 2015, MAC Lyon
John Baldessari Yeah I know…, 2015. Varnished inkjet print on canvas with acrylic paint 161 x 136,8 x 4,1 cm © Courtesy de l’artiste et Sprüth Magers

Los Angeles : Une fiction explore l’histoire et la mythe de la cité des anges à travers 34 artistes et 84 écrivains de générations différentes. Grâce à une immersion complète dans le zeitgeist de Los Angeles à travers les oeuvres et les extraits littéraires, l’exposition nous plonge dans la réalité fictionnelle de la Californie du Sud. Où s’arrête le mythe ? Où viennent mourir les clichés ? Où commence la réalité ?

Robert Irwin, Swiss Maid, 2015, MAC Lyon
Robert Irwin, Swiss Maid, 2015 14 tubes de 183 cm avec réglette simple, 1 tube de 183 cm avec réglette double, lumières fluorescentes, gélatines, 82,9 x 241,9 x 8,9 cm, Courtesy Gallery Xippas © Photo : Philipp Scholz Rittermann / © Adagp Paris, 2017

Los Angeles est visiblement sans cesse construite et déconstruite par les artistes qui l’habitent. Tantôt symbole d’un style de vie doré et indolent (David Hockney), parfois l’expression d’un minimalisme lumineux (Robert Irwin), ou théâtre de la peinture conceptuelle (John Baldessari), la cité californienne aime être vue et racontée, et les artistes le lui rendent bien. Même sa face cachée n’y échappe pas (Ed Ruscha).

Ed Ruscha, The Back of Hollywood, 1977, MAC Lyon
Ed Ruscha, The Back of Hollywood, 1977, Huile sur toile, 56 x 203 cm, Collection macLYON

Mais l’exposition au MAC Lyon est loin de se limiter à ces quelques grands noms. L’artificialité de la ville devient encore plus lourde de sens et parfois même tragique dans les oeuvres des artistes émergents. Identités plurielles, bouillonnement de créativité et de revendications politiques, ville-monde égocentrée, Los Angeles semble plus que jamais un laboratoire visuel et critique pour les nouvelles générations.

Brian Calvin, Shared Borders, 2016, MAC Lyon
Brian Calvin, Shared Borders, 2016, Acrylique sur toile - 198,1 x 142,2 cm Courtesy de l'artiste et Almine Rech © Photo Moira Tarmy
Vue d’exposition, MAC Lyon
Vue d’exposition, source expointhecity.com
Vue de l'exposition, MAC Lyon
Vue de l'exposition, source Twitter macLYON
Vue de l'exposition, MAC Lyon
Vue de l'exposition, source Twitter macLYON

-> Exposition Los Angeles : Une fiction au Musée d’Art Contemporain de Lyon, jusqu’au 9 juillet 2017

Commissaires : Thierry Raspail (macLYON), Gunnar B. Kvaran (Astrup Fearnley Museet, Oslo) et Nicolas Garait-Leavenworth (pour la littérature) – Conseillers artistiques : Hans Ulrich Obrist (Serpentine Galleries, Londres), Ali Subotnick (Hammer Museum, Los Angeles) et l’artiste Alex Israel (Los Angeles)

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De l’art du trip et de son expérience : Jeremy Shaw et la DMT https://www.artcruiser.com/trip-et-experience-jeremy-shaw-dmt/ https://www.artcruiser.com/trip-et-experience-jeremy-shaw-dmt/#respond Sat, 01 Apr 2017 12:15:24 +0000 https://www.artcruiser.com/?p=159 L’article De l’art du trip et de son expérience : Jeremy Shaw et la DMT est apparu en premier sur Art Cruiser.

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L’œuvre DMT de Jeremy Shaw est une installation composée de 8 vidéos tournant en boucle indépendamment, montrant l’artiste et 7 autres jeunes femmes et jeunes hommes sous l’influence d’une drogue, la DMT. Habillés en blanc, sur fond blanc, fortement éclairés par une lumière blanche, les protagonistes, ou cobayes, sont filmés en plan rapproché, de manière quasi-clinique avec la caméra au-dessus d’eux. Chaque vidéo est sous-titrée avec le récit de l’expérience de l’individu apparaissant à l’écran, récit fait juste après son retour à la réalité.

La DMT, ou diméthyltryptamine, est la version synthétique d’une puissante substance psychotrope présente dans différentes plantes utilisées dans les rituels chamaniques d’Amérique du Sud. Cette substance est aussi naturellement présente dans la glande pinéale et s’active au moment de la mort. La DMT entraîne ainsi une altération de la vision, des effets hallucinogènes et une sensation de mort imminente.

Jeremy Shaw, DMT, 2004
Jeremy Shaw, DMT, 2004; 8 vidéos avec son, entre 6 et 20 minutes chacune; dimensions variables; Johann Köning Gallery, Berlin.

En présentant les protagonistes comme des objets d’étude scientifique et pourtant soumis à l’expérience d’une substance liée aux rituels chamaniques, Jeremy Shaw mène une réflexion sur le statut de l’artiste :

Dans ce travail sur la DMT, je joue avec l’idée que l’artiste est à la fois un chamane et un scientifique.”-Jeremy Shaw

Jeremy Shaw illustre d’une part la volonté de l’homme vieille de plusieurs millénaires d’échapper à la réalité, au contrôle de soi et d’accéder à des stades supérieurs de conscience.  Et il étudie et souligne d’autre part les limites du langage et l’impossibilité d’exprimer l’expérience psychédélique. En effet, les individus filmés sont incapables de trouver les mots pour exprimer leur vécu, et se trouvent à dire des banalités ou à employer des figures empruntées aux médias. En choisissant de ne pas tenter de représenter visuellement les visions qu’ont pu avoir les protagonistes, Jeremy Shaw nous confronte alors à la difficulté de communiquer et aux limites de notre imagination.

Jeremy Shaw, DMT, 2004
Jeremy Shaw, DMT, 2004; 8 vidéos avec son, entre 6 et 20 minutes chacune; dimensions variables; Johann Köning Gallery, Berlin.

Cette œuvre s’inscrit dans une démarche de réflexion autour de la culture des médias de masse et du rapport qu’ont les jeunes avec elle. Jeremy Shaw essaye de filmer une expérience réelle pour certains, irréelle pour d’autres, qui dure environ 15 minutes, chaque minute étant capturée par la caméra, pour notre regard voyeur. Tout en renvoyant aux 15 minutes de gloire d’Andy Warhol, Jeremy Shaw établit des parallèles entre l’expérience du trip et celle de la téléréalité ainsi qu’entre la drogue elle-même et l’addiction à la célébrité. De plus, sans le contexte culturel d’origine ou des connaissances spirituelles spécifiques, l’artiste nous montre que les jeunes protagonistes sont désemparés, ne pouvant interpréter une expérience psychédélique qui les dépasse.

Jeremy Shaw, DMT, 2004
Jeremy Shaw, DMT, 2004; 8 vidéos avec son, entre 6 et 20 minutes chacune; dimensions variables; Johann Köning Gallery, Berlin.
Jeremy Shaw, DMT, 2004
Jeremy Shaw, DMT, 2004; 8 vidéos avec son, entre 6 et 20 minutes chacune; dimensions variables; Johann Köning Gallery, Berlin.

Jeremy Shaw vit et travaille à Berlin. Il est représenté par König Galerie (Berlin).

Images courtesy of the artist and the gallery.

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La Marchandisation de l’Afrique vue par Niyi Olagunju https://www.artcruiser.com/marchandisation-afrique-niyi-olagunju/ https://www.artcruiser.com/marchandisation-afrique-niyi-olagunju/#respond Tue, 14 Mar 2017 22:47:35 +0000 https://www.artcruiser.com/?p=103 L’article La Marchandisation de l’Afrique vue par Niyi Olagunju est apparu en premier sur Art Cruiser.

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Par l’appropriation contemporaine de sculptures traditionnelles africaines, Niyi Olagunju s’intéresse au commerce mondial. Thème récurrent dans sa pratique, il le qualifie de “marchandisation absolue de tout”.

Niyi Olagunju tranche dans la longueur des sculptures africaines en bois, certaines étant patinées et tachées de par leur usage rituel passé. Il recouvre ensuite leurs faces internes d’une couche de métal (cuivre, or, aluminium ou acier) issu de leur région d’origine.

NIyi Olagunju, Lega III (2016)
Lega III (2016), Aluminium & Copper foil, set on black patinated steel stand, 64 × 21 × 28 cm

Ce processus permet à Niyi Olagunju d’interroger le système de valeurs à l’oeuvre dans la croissance continue de la vente d’artefacts traditionnels africains. Bien que créés dans le but de répondre à des usages rituels et sociétaux spécifiques, ces objets voient aujourd’hui leur valeur dépendre de leur provenance, de leur rareté et de leur état de conservation. Ces objets deviennent ainsi coupés de leur signification et de leurs origines.

L’utilisation des métaux précieux et semi-précieux reflète la complexité des relations politiques et économiques engendrées par l’exploitation des gisements et des ressources naturelles du continent africain… et son effet à terme sur les communautés et leur héritage culturel.

NIyi Olagunju, Lega II (2016)
Lega II (2016), Bisected Wood Sculpture, Polished Gold & Copper foil, set on black patinated steel stand, 40 cm

Le geste de Niyi Olagunju n’est pas sans rappeler celui d’autres artistes qui ont voulu nous montrer l’intérieur, “les entrailles” de leur art, qu’il s’agissent d’une fente pour Lucio Fontana ou d’un animal tranché pour Damien Hirst. Ici, la statuette africaine, en plus de porter le poids de toutes les valeurs antagonistes qu’on lui a attribué au cours de son histoire, est une métaphore, un symbole de l’Afrique. Bien qu’elle prenne place dans la rassurante imagerie coloniale à laquelle nous sommes habitués, elle nous rappelle néanmoins que l’Afrique abrite en son sein une incommensurable richesse… Dont ses enfants s’en sont vu confisquer la jouissance.

NIyi Olagunju, Kwese (2016)
Kwese (2016), Bisected Wood Sculpture, Polished Silver & Gold foil, set on black patinated steel stand, 76 cm
NIyi Olagunju, Kwese (2016)
Kwese (2016), Bisected Wood Sculpture, Polished Silver & Gold foil, set on black patinated steel stand, 76 cm
NIyi Olagunju, Luba (2016)
Luba (2016), Bisected Wood Sculpture, Aluminium & Gold foil, set on black patinated steel stand, 38 × 18 × 14 cm

Niyi Olagunju vit et travaille à Abuja (Nigéria). Il est représenté par la galerie Tafeta (Londres). 

All images courtesy of the artist and Tafeta.

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Les Mariées de Marianne MarpLondon https://www.artcruiser.com/mariees-marianne-marplondon/ https://www.artcruiser.com/mariees-marianne-marplondon/#respond Tue, 14 Mar 2017 22:04:56 +0000 https://www.artcruiser.com/?p=94 L’article Les Mariées de Marianne MarpLondon est apparu en premier sur Art Cruiser.

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Marianne MarpLondon est une artiste qui commente divers aspects de la société, ou plutôt des sociétés. Elle brouille la frontière entre la pop culture, ses images contemporaines, et les traditions, leurs codes et leurs signifiants.

C’est dans une profusion de couleurs que sa série She Loves You, Yeah Yeah Yeah s’attaque à l’hypocrisie de nos sociétés quant aux unions amoureuses. Le mythe de l’amour romantique dans un monde consumériste, le marché globalisé du mariage, le rôle de la femme en tant qu’épouse… L’artiste ne laisse rien passer.

Pour ce faire, Marianne MarpLondon réalise des collages numériques avec ses photographies qu’elle manipule et retouche. Elle aboutit à une composition faisant le grand écart entre la modernité du médium et des objets figurés, et le classicisme des poses.

Bambi et Bambi, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
Bambi et Bambi, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

L’emploi d’une grande variété de couleurs vives, motifs et formes fait flirter les compositions de Marianne MarpLondon avec le kitsch. Le mauvais goût n’est en effet pas inconnu à la célébration du mariage dans notre société de consommation.

Bolly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
Bolly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

Cette série dévoile une profonde critique de l’industrie du mariage, où la profusion d’ornements et d’effets visuels étouffent l’expression de l’amour. Marianne MarpLondon s’attaque à un rêve vendu aux masses : celui du mariage parfait. Ce dernier ne peut cependant être atteint que par les plus aisés. L’artiste illustre ainsi le piège de la capitalisation de l’amour romantique. Le romantisme devient alors un concept purement mercantile. Pire, il réduit les femmes au simple rôle d’épouses, sublimes et passives. Une prison dorée entretenue par l’industrie du cinéma, de Hollywood à Nollywood, de Bollywood à Chollywood, auxquels l’artiste fait directement référence dans le titre de ses oeuvres. Il s’agit alors pour Marianne MarpLondon de dénoncer le poids du patriarcat inhérent à l’institution du mariage, quelle que soit la société où l’on se trouve.

“A travers mes recherches, j’ai découvert les savons de virginité féminine, les poupées Barbies nigérianes “épouses”, l’industrie des mariages de masse financée par des gouvernements asiatiques et arabes, le phénomène des co-épouses asiatiques, les femmes qui ne sont pas considérés comme pouvant être mariés car elles ne sont pas vierges ou ont dépassé l’âge limite, 30 ans.” -Marianne MarpLondon

Venus, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
Venus, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

Mais Marianne MarpLondon explique que cette série est également inspirée par les rencontres entre deux personnes d’horizons différents (cultures, religions, traditions). Ces rencontres conduisent parfois à des relations amoureuses voire des unions. Mais ces métissages ne se produisent pas seulement entre deux personnes. Le mariage doit aussi avoir lieu entre le traditionnel et le contemporain. Et les codes, habitudes et rituels doivent être discutés, négociés et validés, avant d’aboutir à la création de nouvelles identités.

Queen, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
Queen, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

La multiplication des unions métissées est alors l’occasion de créer de nouveaux codes. Pour Marianne MarpLondon, c’est la diversité résultant de ces unions (inter-raciales, inter-religieuses, inter-culturelles, inter-classes) qui doit aider la société et ses individus à manifester un amour éduqué. Et par “éduqué”, elle entend libéré du consumérisme et du patriarcat : ainsi la femme et l’homme peuvent s’épanouir et s’aimer dans l’égalité et le respect de l’autre.

Elle Decor, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
Elle Decor, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
Nolly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon
Nolly, She Loves You, Yeah Yeah Yeah, 2014. © Marianne MarpLondon

Marianne MarpLondon vit et travaille à Londres. Elle est représentée par Lahd Gallery (Londres). 

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Interview avec WBM

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